La pop-louange n’a certainement pas joué sa dernière note

Après l’arrêt des deux principaux groupes français de pop-louange, Glorious et Spear Hit, en septembre dernier, un débat fait rage au sein de l’Eglise : cette forme d’évangélisation est-elle morte ? Pas si sûre, si une prise de conscience profonde intervient. Explications. 

La pop-louange catholique est-elle morte, renvoyée dans ses buts après quelques années de succès que certains jugent déjà éphémère ? La question, lancinante, nourrit les débats au sein de l’Eglise de France depuis septembre dernier, date à laquelle les deux groupes catholiques phares, Glorious et Spear Hit, ont décidé de faire «une pause» selon l’expression usitée dans le milieu artistique. 
Notre pays n’est peut-être pas encore mûr pour faire germer ces initiatives missionnaires modernes, ébranlant les habitudes bien établies des catholiques de France. «Nous vivons dans une société sécularisée où l’Eglise n’est pas apparue sur les places publiques pendant très longtemps», constate Benjamin Pouzin, alias Jam, membre du groupe Glorious. «Il n’est pas évident aujourd’hui, pour des groupes chrétiens, de percer en France», poursuit-il. 

Premiers de cordée… Pas facile, mais «pas impossible non plus» estime Alex Lauriot-Prévost, auteur de nombreux articles sur la pop-louange française*, marié et père de quatre enfants sur le diocèse d’Avignon. «Il est peut-être plus difficile de réussir en France qu’ailleurs, puisque nous vivons dans un système assez anti-catholique, mais je crois que des groupes chrétiens peuvent entrer un jour dans le Top 50». 
Malgré leur récent arrêt, Glorious et Spear Hit ont le mérite d’avoir réussi à «défoncer des portes» selon les termes de Benjamin Michel, dit «Benji», membre du groupe toulousain de reggae, «Spear Hit». «Des groupes comme les notres, qui affichaient leur foi sur scène, qui jouaient en dehors des églises de la musique moderne, ça a évidemment fait du bruit», se souvient l’un des trois frères Pouzin à l’origine de Glorious. «Les gens étaient étonnés, particulièrement les catholiques, plus habitués au silence». 
Dans l’ensemble, les deux groupes catho se disent satisfaits de leur aventure qui a duré respectivement cinq ans pour Glorious et huit ans pour Spear Hit. «Plus les concerts avançaient, plus il y avait de monde», indique Benji, évoquant les nombreux concerts du groupe toulousain en Europe. 

Absence des pasteurs ? Pour autant, bien que peu nombreux, les obstacles ont été présents sur la route des musiciens du Christ. «Glorious a été confronté à une sorte de micro-choc générationnel», avance Benjamin Pouzin. «Une sorte d’incompréhension existait entre notre génération et la précédente, celle qui détient encore le pouvoir dans les paroisses». Alex Lauriot-Prévost dresse un constat plus dur que le jeune musicien. «Aujourd’hui, l’enjeu de la pop-louange n’est pas saisi par l’Eglise», regrette-t-il. «Le concept de nouvelle évangélisation est partagé par très peu d’évêques. L’Eglise ne sait plus annoncer Jésus-Christ aux non-croyants». Pour celui qui a participé, avec son épouse, il y a 25 ans, à la fondation de l’école Jeunesse-Lumière, «l’Eglise n’a pas suffisamment accompagné ce mouvement missionnaire». Un propos que ne partage pas Benji qui estime, au contraire, qu’«il n’est pas nécessaire d’avoir le soutien de l’Eglise pour se lancer. L’important est qu’elle prie pour nous». 

L’Eglise doit réfléchir à une pastorale moderne La première vague de pop-louange catholique s’est peut-être éteint, mais «pas la culture chrétienne», affirme Benji. «Ce n’est pas parce que deux groupes ont arrêté que tout s’est effondré. Il y a une véritable mouvance qui est en train de se créer et des milliers de choses qui existent». Une mouvance qu’Alex Lauriot-Prévost souhaite voir accompagner. «Tous les jeunes, aujourd’hui, ont soif de sens. La pop-louange est une formidable porte d’entrée dans la religion, mais ce n’est pas une fin en soi». Il faut donc réfléchir à des structures d’accompagnement, «comme une formation à la pop-louange ou une maison de la pop-louange». 
Benjamin Pouzin partage ce point de vue, et désire de tout cœur que l’on «trouve un moyen d’inculturer l’Evangile chez les jeunes Français». Pour cela, il faut «donner une image moderne de l’Eglise et faire entrer le XXIe siècle dans nos églises (…). Il faudrait des radios jeunes, des médias jeunes et un certain professionnalisme. Les jeunes ne sont pas dupes, on ne les attire plus dans des rassemblements construits avec des bouts de ficelle». 

* www.libertepolitique.com ou www.anuncioblog.com 
Site internet :
www.glorious.fr et www.spearHit.com

• 18 décembre 2007 •

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