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Pourquoi le célibat des prêtres?

Ce qui est bien avec l’Eglise catholique, c’est qu’on a pas besoin de chercher trop loin quand on veut un sujet d’article qui pique un peu. D’ailleurs, même après celui-là il en restera plein d’autres. On aura pas fini la liste des questions qui fâchent que le soleil se sera déjà éteint, ou aura explosé je sais pas trop ce qui est prévu, et la Terre sera devenue un ridicule petit caillou congelé au milieu du vide intergalactique*. Enfin vous voyez le principe quoi.

Quand on parle un peu catho, un truc en particulier fait pas mal jaser, c’est le célibat des prêtres. Dans une société où tu fous une fille à poil pour vendre de la paëlla, la chasteté ça donne forcément un côté extraterrestre. Et puis après tout, chez les protestants les pasteurs peuvent se marier, les prêtres anglicans aussi, pourquoi pas les cathos ? Même chez les croyants, les opinions sont partagées et le débat revient régulièrement. Je connais moi-même un paquet de pratiquants qui pencheraient plutôt pour, et on en retrouvera forcément dans les commentaires.

Simplement ici c’est une maison sérieuse, et pour débattre en toute bonne foi, il faut connaître un minimum le sujet. Sinon chacun sort son gros pipo kingsize et on commence à raconter n’importe quoi sur des sujets où personne comprend rien. Ca existe aussi, mais on appelle ça la politique.

Voici donc un article pour vous aider à comprendre la position de l’Eglise et vous faire un avis sur la question.

La première chose à savoir, c’est que le célibat des prêtres est une règle disciplinaire et pas une règle théologique. Ca veut pas dire que ça sert à rien, ça veut pas dire que c’est pas important, ça veut simplement dire que si demain Benoît XVI se lève d’humeur potache et décide de la lever, ça ne remet pas en cause d’élément fondamental de notre foi .

Là vous me dites « ben nous prend pas pour des buses alors, en gros ça sert à rien », ce à quoi je réponds moi-même « ou pas » (et là vous êtes vachement avancé).

Pourquoi les prêtres catholiques ne peuvent-ils pas se marier ?

On va dire les choses clairement : devenir prêtre c’est une vocation, c’est à dire un appel de Dieu pour faire un job bien précis (le mariage en est une autre). Eh bien le job en question c’est de s’occuper de que Jésus avait demandé, guider les croyants, renoncer à aimer une personne en particulier pour les aimer toutes.

C’est pas un métier comme les autres ! on parle pas d’un contrôleur SNCF là. Dans la communauté, c’est un personnage complètement à part chargé de la vie spirituelle des « brebis » qui lui ont été confiées. C’est simple, sans prêtre y a pas de cathos.

Pour ça, il consacre entièrement son coeur à Dieu, et suit l’exemple du Christ qui est lui-même resté célibataire. D’ailleurs Saint Paul recommande expressément le célibat à tous ceux appelés à cette vocation (1Co 7,8). Ca c’est pour la partie théorique.

En étant pragmatique deux minutes, on réalise que c’est simplement une question de bon sens. Quiconque a un vague notion du quotidien d’un prêtre comprend tout de suite les soucis que poserait leur mariage. Leur emploi du temps est infernal : ils sont toujours en train de courir partout, finissent à pas d’heure le soir, et doivent en plus se tenir dispo 24/24 pour leurs paroissiens. L’ancien prêtre de mon aumônerie m’a dit un jour « j’ai pas de jour de repos, mais j’essaie quand même toujours de me garder le mardi après-midi de libre ». Ca vous pose le programme. Et encore, je vous parle pas de ceux qui jonglent entre cinq ou six paroisses à la fois parce qu’ils sont seuls dans le coin.

Or le mariage est un sacrement, pas un truc mytho dont on s’occupe « quand on a le temps ». On fonde pas une famille si on a pas les moyens de s’en occuper. Mais comment s’en occuper quand on doit donner toute sa disponibilité aux croyants ? C’est incompatible avec leur mission (sans oublier l’aspect spirituel évoqué au début).

En fait, le temps et l’énergie qu’on consacre à sa famille, le prêtre la consacre à sa paroisse.

D’ailleurs, si les prêtres sont obligatoirement célibataires, c’est pas pour le principe de faire chier le monde ! Jusqu’au XI ème siècle on** a testé la formule inverse dans l’Eglise, et on a constaté en direct live qu’un mec marié s’occupait moins de ses paroissiens. Le célibat s’est imposé de lui-même. Une Eglise à deux vitesses avec des prêtres qui font la queue chez Leclerc le samedi matin pour acheter des chocapic alors que les autres préparent le sermon du dimanche, c’est juste pas tenable.

On peut aussi s’amuser à imaginer les problèmes hyper-concrets que ça poserait.
Que ferons nous le jour où on se retrouvera avec des prêtres divorcés ? Ca sera marrant à gérer tiens. Et puis comment on s’occupe d’une famille avec 900 euros par mois ? Pour peu que la femme n’ai pas ou peu de revenu on fait comment ? Un autre job à côté ? Merci la vie spirituelle consacrée à la paroisse après…

Le célibat du prêtre a deux raisons, d’abord il donne tout son sens à sa mission, et ensuite il lui permet simplement de la remplir dans de bonnes conditions.

Existe-t-il des exceptions ?

Peu de gens le savent, mais il y a bien des prêtres mariés dans l’Eglise Catholique.

Certaines églises orientales rattachées à Rome, pour des raisons culturelles, ordonnent des hommes mariés aussi bien que des célibataires (qui ne peuvent dès lors plus se marier). En revanche les évêques ne sont choisis que parmi les célibataires.

De même, les pasteurs protestants ou prêtres anglicans qui reviennent au Catholicisme peuvent être ordonnés alors qu’ils sont déjà mariés et ont une famille à charge.

Est-ce la solution miracle aux soucis actuels du Catholicisme ? (oui je m’auto-questionne)

Certaines personnes ont la chance d’avoir une réponse unique à l’ensemble des problèmes de l’Eglise. Souvent, cette réponse, c’est le mariage des prêtres. La pédophilie ? Pas avec le mariage des prêtres ! La crise des vocations ? Avec le mariage des prêtres, plus jamais ce souci ! Fukushima ? Si seulement les prêtres pouvaient se marier… Faut-il des quotas dans les centres de formation de la FFF ? Demandez au mariage des prêtres !

Ma réponse à moi, c’est qu’il faut arrêter de s’enflammer deux minutes.

La crise des vocations ? Si les protestants et les anglicans connaissent la même dans tous les pays développés, parfois en beaucoup plus trash (en Allemagne par exemple), c’est que le souci vient sûrement pas du célibat… D’ailleurs, l’Eglise n’a jamais eu autant de religieux qu’en ce moment, c’est un souci uniquement européen. Ce n’est donc pas en autorisant le mariage des prêtres qu’on se retrouvera avec une armée de séminaristes sortis par magie du sac à main de Marry Poppins.

Par ailleurs, celui qui lie célibat et pédophilie fait un raccourci honteux et mensonger. Je vais pas me lancer dans une grande réflexion sur le sujet maintenant, ça mérite un article entier, mais je vous glisse quand même un lien qui devrait intéresser si on vous a déjà fait cette réflexion. Ne vous en faites pas, on en reparlera.

Les prêtres que je connais vivent à fond leur sacerdoce, et se dévoue corps et âme pour l’Eglise et leurs paroissiens (dédicace à Thierry !), cela demande des sacrifices mais c’est un choix qu’ils ont fait et accepté librement. A mon sens, c’est une mission qu’ils ne peuvent mener à bien que dans le cadre d’une vie de célibataire. Avec le mariage, ils perdraient la place particulière qui est la leur dans notre Eglise.

D’ailleurs, qui demande le mariage des prêtres ? Les laïcs. Les prêtres eux même ont accepté le célibat, pour la plupart ce n’est pas un contrainte, c’est le moyen de mener une vie différente au service de Jésus. Et je crois qu’il leur rend bien en retour…

*Sortez les polaires Quechua, on va douiller

** « On » sous-entendu moi et mes potes du XIème…

Initialement posté sur le site Kto and the city

Quelques commentaires:

Juste pour info, la majorité des pédophiles en france sont des hommes mariés donc, ce n’est pas en mariant les prêtres que l’on résoudra ce problème. Faire ce raccourci est contre-productif. Je suis tout a fait d’accord avec toi quand tu dit que les prêtres ont droit au bonheur. C’est aussi pour ça qu’ils ont avant de longues années de séminaire pour réfléchir à ce choix de vie et changer d’avis. Le prêtre de ta paroisse est peut être triste à la messe le dimanche à cause du nombre de paroissiens ou de divers autres problèmes. Je connais pour ma part plusieurs prêtres très heureux de leur état.

C’est PARCE QUE c’est contre nature que c’est un sacrement à part entière. Je ne pense pas qu’il faille ramener la nature aux instincts les plus animaux (pas au sens péjoratif bien sûr) de l’homme, bien que tu parles de la sexualité des ecclésiastiques j’imagine, et pas des simples affinités intellectuelles qu’un prêtre peut avoir pour des hommes ou des femmes. Pour peu qu’on veuille bien écouter les nombreux religieux (et religieuses) qui s’égosillent à parler (parce que les media les harcèlent) de leur sexualité , c’est un sujet qu’on apprend à maîtriser peu à peu, à force de prière et de don de soi. Il y a la sexualité pour la procréation qui (a priori) ne concerne pas un célibataire et la sexualité pour le plaisir qui est, avec bien d’autres renoncements, au centre de la vie d’un religieux. Le principal est qu’ils arrivent à gérer ces renoncements dans leur relation à Dieu. Et ça, ça les concerne, eux seuls.

Il est évident que la pédophilie est une déviance qui touche bien plus d’hommes mariés que de célibataires et a fortiori de prêtres en particulier. Ce n’est donc pas l’objet du débat. Le sujet, il me semble, est le don de sa vie à Dieu. Tout dépend de ce qu’on appelle don et vie, bien sûr. J’ai entendu un prêtre oriental parler de sa vie conjugale. J’ai moi-même une cousine qui est épouse de prêtre (4 enfants). Ils s’en sortent tous honorablement, et la femme vit ce sacerdoce au moins aussi intensément que son mari, avec une abnégation qui, à mon humble avis, serait qualifiée d’hérésie sectaire et esclavagiste dans notre Landerneau.

Disons que le prêtre occidental, catholique, est sollicité aujourd’hui de telle manière que, comme le dit notre cher KTO, il n’ya pas vraiment de place pour une vie conjugale. Le « couple » curé/bonne du curé qui fait partie de notre imagerie d’Epinal n’est plus à l’ordre du jour pour la simple et bonne raison que la vie actuelle ne s’y prête plus : quand un curé de campagne gère une paroisse de 30 villages… les bons offices de la bonne du curé sont assurés par Picard, Moulinex et Morphée.

Quand bien même il y en aurait à foison, à plus savoir comment les occuper, ça ne changerait rien à la pertinence du célibat évangélique. L’argument de l’emploi du temps est juste mais il est conjoncturel (encore que ce n’est pas d’hier qu’aussi bien dans l’ordre de l’entretien matériel d’une famille que du temps consacré, ces aspects confirment et justifient la célibat sacerdotal).

Même avec ouate milliards de prêtres, le célibat évangélique sera toujours une manifestation essentielle, indispensable, du prix inestimable d’une certaine façon d’aimer, de se rencontrer hommes et femmes tout à faits assumés dans une sorte particulière de fécondité accessible à tous les couples mais trop souvent négligée à une époque où le couple ne vit souvent sa sexualité qu’essentiellement quand il s’envoie en l’air, manifestation au monde que son incompréhension du célibat évangélique est le symptôme d’un amour très en souffrance, manifestation aussi d’une certaine priorité, un certain sujet d’intérêt, que le célibat pointe du doigt. Et il y a bien d’autres raisons.

« contre-nature »… ça fait partie de la nature de l’homme d’être éminemment cognitif, au point que sa volonté puisse exercer un ascendant sur ses instincts. C’est l’évolution elle-même qui a fait de nous de que nous sommes, nous ne sommes pas une certaine nature sur laquelle une sorte de moi superposé et illégitime exercerait une quelconque tyrannie. Le simple fait de penser Dieu, de penser le célibat, de penser n’importe quoi, c’est une faculté qu’on doit à la nature elle-même.

Il y a une comparaison que j’aime assez. Mettons qu’on soit langoureusement en train de s’envoyer en l’air sur la plage déserte par une nuit tiède, bercé par le resac des flots bleus, tout ça. Tout à coup une soucoupe volante de taille respectable s’immobilise au dessus (c’est voyeur le martien) dans une féérie de clignotements de bon aloi. Est-ce que là il se passe pas comme qui dirait un truc qui bouleverse un peu les priorités de l’instant…. Alors voui, on peut entrer dans une contemplation de Dieu et un abandon tel, que tout le reste semble dérisoire, et qu’animé par cet amour là, on se tourne vers ses contemporains avec un autre regard et d’autres intentions. Tout ça pour dire que ce n’est pas conjoncturel, même si la conjoncture met en évidence une certaine pertinence du célibat sacerdotal. Aussi longtemps qu’il y a Dieu et les hommes, le célibat évangélique est pertinent.

Je reste sceptique notamment sur la crise des vocations et la disponibilité du prêtre qui a une famille, en particulier spirituellement. La gestion du couple c’est le boulot d’une vie… La paroisse prend le rôle de la famille, comme la communauté pour le moine. Les prêtres avec qui j’ai vécu à Abdijan avaient un emploi du temps monstrueux, j’ai vu mon ami thierry se lever à 4h du mat’ pour préparer ses sermons et participer à des réunions à n’en plus finir. Pourtant ils ne manquent pas de prêtre, c’est le sacerdoce, c’est tout… Après oui, il pourrait choisir de rester célibataire. Mais l’Eglise estime que cet état est nécessaire au sacerdoce, et pas optionnel. C’est un choix, et pour ma part je le soutiens.

Les églises orientales peuvent ordonner des mecs mariés parce qu’elles le faisaient déjà avant de prêter allégeance au Pape. Et bien qu’elles fassent désormais parties de l’Eglise Catholique, elles gardent certaines traditions qui leurs sont propre, et comme cela n’a pas de conséquence théologique, ça ne gène pas. Sinon je suis pour le célibat des prêtres pour les raisons évoqués si dessus et aussi parce que le prêtre doit montrer que la vie éternelle commence déjà sur terre hors au ciel, il n’y a pas de mariage. Pour ce qui est de la crise des vocations, je suis persuadé que cela ne changera rien, car c’est le Christ qui appelle, et qu’il appellera toujours les prêtres pour une vie de célibat même si l’Eglise dit qu’il peut se marier. Je pense que l’Eglise doit au contraire aider les jeunes à discerner leur vocation et leur présenter les différentes vocations en vérité: le sacerdoce est un don de soi à Dieu et à TOUS les autres alors que le mariage est un don de soi à UNE PERSONNE en particulier et aux enfants sous le regard de Dieu (je ne veux pas dire par là qu’une personne mariée ne peux pas aussi donner sa vie pour les autres, mais elle la donne particulièrement pour son époux).

Je terminerais en disant que les hommes mariés peuvent devenir diacre et qu’il y a pourtant beaucoup moins de diacres que de prêtres (même si cela dépend aussi d’autres facteurs). Le diaconat est aussi au très beau ministère est peut être la solution pour ceux qui souhaitent exercer un ministère tout en étant marié.

Article merveilleux, qui remet l’église au centre du village (comme on disait dans le temps!). Je partage totalement le développement de cet article, et j’ajoute pour ceux qui s’y oppose, qu’être catholique, c’est un minimum faire confiance, se fier au magistère de l’Église catholique et à ceux qui ont la charge de l’église (donc oui, si le pape dit que c’est comme ça et pas autrement, nous devons lui faire confiance!).

Enfin, je voudrais rappeler que le principe sur lequel repose le célibat sacerdotal nous vient du Christ lui-même, dans le chapitre 19 de l’évangile selon Matthieu : "Ses disciples lui dirent : » Si telle est la condition de l’homme avec sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Mais il leur dit : » Tous ne comprennent pas cette parole, mais ceux à qui cela a été donné. Car il y a des eunuques qui sont venus tels du sein de leur mère; il y a aussi des eunuques qui le sont devenus par le fait des hommes; et il y a des eunuques qui se sont faits eunuques eux-mêmes à cause du royaume des cieux. Que celui qui peut comprendre, comprenne ! »

Petite touche perso pour conclure : n’oublions pas que c’est le Christ qui a fondé l’église sur Pierre, le Christ qui, rappelons le, a vaincu le monde ! Dès lors, je crois qu’il vaut mieux ne pas changer une équipe qui gagne, faisons confiance au successeur de Pierre et à notre Sainte Mère l’Église !

Par l’ordination un diacre reste permanent dans l’état où il a été ordonné : célibataire ou marié. L’homme marié doit pouvoir montrer qu’il forme avec son épouse un couple stable et uni depuis de nombreuses années, qu’il élève convenablement ses enfants, s’il en a, et qu’il gère bien sa maison. A noter une exception possible : un diacre dont l’épouse décède alors que leurs enfants sont encore très jeunes. Pour le bien de ceux-ci, un remariage peut être un bien supérieur à la règle générale. Une preuve de plus que l’Eglise reste humaine dans ses règles :D

Un laïc célibataire ordonné diacre fait un choix de vie dans sa relation à Dieu. Il n’a pas vocation à être prêtre, il n’a peut-être pas passé le cap du Discernement. Il n’en reste pas moins voué à Dieu. Un laïc marié fait un choix de vie dans son dévouement à son foyer. Il n’a pas vocation à être prêtre non plus, mais il a passé le cap du Discernement. Il est missionné par son évêque pour témoigner de l’Eglise dans son environnement (social et professionnel) et au-delà.

J’ai connu des jeunes hommes qui avaient abandonné le séminaire pour se marier. Je n’ai pas pensé à leur demander ce qu’ils auraient fait s’ils avaient pu être à la fois prêtres et mariés, c’est dommage, car à mon sens les sondages visant à chercher si le célibat des prêtres est en cause dans la crise des vocations devraient prendre en compte ces situations, et demander aux paroissiens pères de famille s’ils auraient été intéressés par ce sacerdoce dans le cas où celui-ci n’imposait pas le célibat, plutôt que de demander à des prêtres -qui sont trop peu nombreux donc débordés- s’ils auraient aimé pouvoir se marier, questions à laquelle ils répondent invariablement « je n’aurais pas le temps pour une vie de famille ».

Cela dit, puisque c’est la crise des vocations même là où les prêtres peuvent se marier, puisque dans les coins où les prêtres sont nombreux ils sont aussi débordés, alors on peut considérer que l’influence du célibat sur la crise des vocations est effectivement très faible.

Personnellement, je ne suis pas hostile à l’idée de prêtres mariés, mais je me souviens d’une remarque de mon père un jour où l’on en parlait : les paroissiens pourraient attendre de l’épouse d’un prêtre une disponibilité encore plus grande que celle du prêtre lui-même : qu’elle soit épouse au foyer, toujours là pour ouvrir la porte et prendre les messages quand son mari est absent. Du coup, accepter d’épouser un prêtre reviendrait à partager son sacerdoce, le revenu du couple serait donc incompatible avec l’éducation des enfants (et d’ailleurs, la disponibilité demandée aussi : hors de question de les emmener à une quelconque activité ou de faire une promenade en famille…). Finalement, si une majorité se dit peut-être « pour le mariage des prêtres », dans la mentalité elle n’est pas prête à l’assumer.

Enfin, remarque à 1 centime : ce n’est pas parce qu’il est célibataire que le prêtre ne doit pas faire ses courses (bon, ok, il a moins de chances d’acheter des chocapics. Quoi que.)… à moins que, dans ta paroisse, il y ait de bonnes âmes pour venir remplir ses placards pendant qu’il prépare ses réunions ?

La mission d’une chrétien est d’Evangéliser et pas de convaincre: « Je suis chargée de vous le dire, pas de vous le faire croire. » Ste Bernadette. La foi est une histoire de confiance, confiance en Dieu, confiance en Jésus, confiance aux évangélistes(ils auraient pu raconter n’importe quoi) et confiance à ceux qui sont chargés de nous guider vers Dieu, à savoir les prêtres et en particulier le Pape. Pour les séminaristes qui ont arrêtés le séminaire, ça arrive, et c’est normal, car le discernement continue tout au long du séminaire et donc certains se rendent comptent qu’ils ne sont pas appelés au Sacerdoce mais au mariage qui est une toute autre vocation. J’en connais un qui après s’est interressé au diaconat et va être ordoné bientôt.

Le diacre marié a une première vocation, la vocation au mariage, et une vocation dans la vocation, la vocation au diaconat. En effet, il faut un long discernement qui se fait en couple, et qui commence après au moins 10 ans de mariages, pour être sur que le couple est solide. L’épouse partage en quelques sorte le diaconat de son mari, et doit dire oui elle aussi le jour de l’ordination (ainsi que les enfants je crois mais à vérifié), elle suis aussi la formation avec son mari.

Le diacre célibataire, lui, s’engage tout seul, et s’engage donc au célibat, comme les laïcs consacrés.C’est sa première vocation et il peut ensuite devenir prêtre (ce qui n’est pas du tout une obligation). Je rappelle que les diacres dépendent directement de l’évêque et sont au même niveau que les prêtres, il n’y a pas de hiérarchie entre les ministères. Toutefois, dans les deux cas, il s’agit d’un seul et même ministère, le diaconat permanent, mais vécu légèrement différemment.

Dans la plupart des religions, le clergé (que je prends au sens large comme représentant toute personne vouant sa vie à Dieu) comprend deux figures principales: le pasteur et le religieux.

Le pasteur est l’enseignant, le théologien, celui qui permet d’éclairer les fidèles qui n’ont pas nécessairement le temps d’étudier les textes sacrées. Il doit assurer une présence dans les lieux de culte pour guider les fidèles dans leur chemin de foi. Le religieux, lui par contre, a compris les textes et a une foi suffisamment ancrée pour non plus enseigner mais témoigner par un don de sa personne le plus total. Ce don total justifie ainsi une certaine vie d’ascèse dont les formes sont en fait très variées. Dans le cas du christianisme, il ne s’agit plus de rapporter la parole du Christ mais de se rapprocher de lui en suivant son exemple.

Ainsi, à la différence à beaucoup de religions, le catholicisme a combiné cette fonction de pasteur et de religieux dans le prêtre. Cela a un certain sens puisque des paroles qui ne sont pas vécus pourraient passées pour de l’hypocrisie et l’on a jugé que cette discipline (inspirée d’ailleurs du monachisme et dont le célibat n’est finalement qu’une des émanations) serait le meilleur moyen pour former une vie de foi crédible (c’était tout du moins l’idée de la réforme grégorienne qui a fortement milité en faveur de cette discipline). La discipline sacerdotale est donc largement inspirée de la discipline monastique. D’ailleurs, quand on cite l’exemple des Églises orthodoxes pour justifier l’idée de prêtres mariés, on oublie souvent l’énorme importance du système monastique dans l’orthodoxie et composé ici de moines célibataires.

En fait, je crois qu’aujourd’hui, beaucoup de gens (notamment ceux qui demandent les sacrements par tradition)ne voit dans le prêtre qu’un pasteur juste chargé de la permanence dans la paroisse. On voit l’Église comme un service public et l’on s’énerve parce qu’il n’y a plus personne au guichet. Les gens ne veulent plus un témoin de la foi mais un fonctionnaire (d’où d’ailleurs autre argument que le célibat, la paye et l’âge de la retraite).

Pour ce qui est de la pénurie de prêtres, si l’on regarde le nombre de prêtres ordonnés par an et qu’on le reporte non à la population catholique pratiquante globale mais au nombre de pratiquants de leur génération, on obtient une proportion assez tenable dans le rapport prêtre/pratiquant. Ceux qui milite pour la libéralisation du statut du prêtre, je pense, ne voient pas que les prêtres sont avant tout des pratiquants et que si cette population pratiquante baisse, le nombre de prêtres potentiels baisse de la même manière. Ouvrir massivement les conditions d’accès à la prêtrise ne serait donc qu’un raclage de fond de tiroir au vue de la population pratiquante dans la jeune génération.

Tous ces échanges et arguments sont très riches et intéressants ! Pour ma part, je trouve que la question mérite vraiment d’être posée. Pourquoi ne pas envisager d’ordonner des hommes mariés d’âge « mur », dont les enfants sont élevés, et qui pourraient s’engager pour des services permettant davantage d’accueil dans l’Eglise ? Dans combien de paroisses les enterrements sont assurés par des laïcs ? Combien d’églises fermées sans messe le dimanche ? Combien de lieux et de situations dans lesquels la présence d’un prêtre serait souhaitable (hôpitaux, pèlerinages, aumôneries, …) ? Et dans lesquels un homme marié pourrait assurer ce service ?

J’ai vu en Orient ces prêtres catholiques / maronites, hommes mariés et ordonnés. Les situations et modes de vie sont différents ici et la bas. Mais pretres maries et celibataires vivent chacun leur ministere, d’une certaine façon, chacun a son rythme. Mener de front ici une vie de prêtre et de famille semble difficile. Mais une fois cette tâche éducative accomplie, je pense vraiment que des hommes d’expérience, ordonnés en vue d’un service, affranchis de toute velléité carriériste (ça existe parfois aussi chez les ecclésiastiques..,), pourraient être un cadeau et un bien précieux pour l’église et pour le monde. Cela n’enlèverait rien au bien fondé et a la valeur du célibat choisi.

Le 6 mai 2011

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